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La parole aux citoyens

Affaire des minarets en Suisse

samedi, 07 mars 2009

Affaire des minarets en Suisse: exemple flagrant de désinformation

Les Suisses sont-ils favorables ou non à la construction de minarets sur leur territoire ? La question agite le pays depuis des mois et des années. Et en Suisse, quand une question fait débat, un parti peut proposer un référendum. C’est ce qu’a fait l’UDC qui a recueilli en juillet dernier plus de 100.000 signatures demandant à la Chancellerie fédérale l’organisation d’une telle « votation ».

Cela a provoqué une vague d’indignation du gouvernement, de partis politiques et de diverses associations. Selon eux, un tel référendum serait xénophobe et raciste, et stigmatiserait la communauté musulmane. Il est curieux de voir des gens s’opposer à l’idée même de ce référendum sans en connaître d’avance le verdict. Auraient-ils peur du résultat ?


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Avant que le référendum soit organisé, il doit être débattu au Conseil National de Suisse.
Et à cette occasion, nous pouvons constater comment s’organise la désinformation par un simple exemple. La journaliste Claire Malapert de Radio-Vatican interroge
Stéphane Lathion, Président du Groupe de Recherche sur l’Islam en Suisse, à propos de cette affaire de projet de référendum sur les minarets

On remarquera que toute l’interview, tant dans les questions que les réponses, est totalement à charge contre le référendum. Mais concentrons-nous sur un extrait :

« Claire Malapert : Est-ce qu’il s’agit d’un épiphénomène porté par un groupe politique avec un but électoral derrière pour récupérer un électorat conservateur, en tout cas le garder, qui parle un peu fort, ou est-ce que ça reflète une opinion générale en Suisse, un vrai problème de fond ?

Stéphane Lathion : Non, c’est vraiment la première option qui est la bonne. Ca c’est une évidence. Maintenant, malgré tout, c’est un problème, une question émotionnelle dans une situation où toute l’Europe est en crise économique où stigmatiser, en tout cas rechercher dans l’autre différent de nous une exclusion ou un prétexte ou un bouc émissaire, c’est un réflexe très très humain et c’est pas nouveau. Ajoutez à cela un contexte qui peut être tendu et qui peut s’envenimer par l’intermédiaire d’un attentat terroriste par exemple. Là, sur un vote émotionnel, on ne sait pas ce que ça peut donner. A court terme, aujourd’hui, même l’UDC ne se fait aucune illusion sur le résultat de la votation. Mais je vous dis, le danger de l’émotionnel, c’est qu’il est pas gérable. »

En résumé, selon Stéphane Lathion, c’est « une évidence » que vouloir interdire les minarets n’est qu’un « épiphénomène » et pas une « opinion générale en Suisse ». (Sauf si par malheur ces électeurs se laissent bêtement aller à écouter leur « émotionnel » ; merci pour eux !)

On se demande alors pourquoi craindre ce référendum, si les résultats semblent aussi évidents ?

Or les Suisses ont déjà été sondés sur cette question. En effet, l’institut « Perspective Suisse » a mené une grande enquête sur 18.500 personnes en novembre et décembre 2007, à propos de plusieurs sujets de société. Et sur l’affaire des minarets, le résultat est le suivant :

« Des efforts sont déployés dans plusieurs cantons et communes pour interdire ou limiter la construction de tours de prières musulmanes : les minarets. Au niveau fédéral une initiative prévoyant leur interdiction est actuellement en préparation. 47% de la population se disent pour une telle interdiction, 37% contre. »

Alors, interdire les minarets, est-ce l’« évidence » d’un « épiphénomène » ou une « opinion générale en Suisse » ? A vous de juger !

Que le Président du Groupe de Recherche sur l’Islam en Suisse fasse sa propagande quand on l’interroge, c’est normal, il est payé pour cela. Mais ce qui est plus étonnant, c’est l’attitude de la journaliste de Radio-Vatican, qui aurait pu faire une simple recherche sur internet pour constater en moins de trois clics que son interlocuteur était davantage guidé par son propre « émotionnel » que par l’« évidence ».

Ainsi s’organise la désinformation. Mais à l’heure d’internet, ça ne marche plus, en Suisse comme ailleurs (et VIVE CE BLOG "la parole aux citoyens").

Le mercredi 4 mars, le Conseil National (députés) a préconisé par 129 voix contre 59 le rejet de l'interdiction de la construction de mosquée. Le dossier doit être à présent soumis au Conseil des Etats pour avis consultatif. Néanmoins, le Conseil National n'a pas invalidé le projet de référendum qu'il n'a pas jugé anticonstitutionnel ou contraire aux droits fondamentaux, malgré une demande des partis de gauche qui a été rejetée par 128 voix contre 53.

Les débats furent animés et houleux, et plus d'une quarantaine d'orateurs se sont succédés pendant plus de cinq heures. Les intervenants ont cependant majoritairement reconnus qu'il y avait des problèmes d'intégration à améliorer. La décision appartient désormais au peuple suisse, qui devra se prononcer par référendum dans les mois prochains. Les associations musulmanes suisses étaient jusqu'à présent restées discrètes, en espérant que les pressions internationales des pays musulmans qui menaçaient de boycotter la Suisse suffiraient à convaincre les députés d'invalider le projet de référendum.

Mais elles étaient décidées à s'investir dans le débat politique si l'initiative de l'UDC irait jusqu'au scrutin. Les minarets helvétiques vont donc continuer encore à faire polémique sur la place publique. Par ailleurs, le Conseil National a approuvé par 104 voix contre 68 une modification du code civil proposée par l'UDC et qui interdit tout mariage en Suisse de réquérants d'asile déboutés et d'étrangers séjournant illégalement sur le territoire. Les officiers d'état-civil sont désormais tenus de signaler à la police tout candidat au mariage en situation de séjour irrégulier.
 
ET VIVE LA SUISSE !!

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