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La parole aux citoyens

Islam et Christianisme

Il est commun d’entendre de la part de gens de la rue ou de « spécialistes », que ce soit au café de la gare ou à « France Culture » que « les religions se valent toutes » , que ce sont « les religions du Livre », qu’elles sont « toutes faites de tolérance et d’amour », ou alors le fameux « religion, piège à cons ».

Nous aborderons dans un premier temps les aspects textuels avant de passer à la pratique.

Nous verrons que, autant Judaïsme et Chrétienté sont intimement liés, autant Chrétienté et Islam ne sont pas à mettre dans le même sac.

  

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Il y a de nombreuses différences fondamentales entre le Christianisme et l’Islam.


LES TEXTES

Premièrement, le canon Biblique a été compilé par des hommes, lors d’une succession de conciles au IVème siècle et selon un double critère visant le contenant et le contenu : confiance dans l’authenticité du texte et de son auteur et accord de l’écrit avec la tradition orale. La Bible est ce que les Chrétiens appellent un livre « inspiré ». Ainsi, le fait qu’elle soit une compilation de textes d’auteurs très différents tant dans les époques que les cultures, la rend ouverte à la critique, à l’exégèse… Et ce sans risquer la mort pour blasphème. Une partie sont les livres des Prophètes qui annoncent l’arrivée du Messie, une partie les paroles rapportées de Jésus (le summum de la Foi chrétienne, le chef d’orchestre qui fait vibrer l’ensemble de l’œuvre) et les écrits attribués aux apôtres, que l’on estime, ou pense, ou croit, ou espère (c’est selon), inspirés par Dieu.


Par contre, selon l’Islam, le Coran aurait été révélé à Mahomet lors d’une transe plus ou moins naturelle. Ce cas est donc complètement différent car non seulement il n’y a qu’un seul rédacteur mais en plus il aurait physiquement dicté par Allah lui-même. Le Coran est considéré comme un livre « révélé » et par conséquent non sujet à critique, à remise en question, etc… Et dans de nombreux pays islamiques actuellement, sous peine de châtiment corporel, car c’est remettre en cause la parole d’Allah.


En ce qui concerne les origines, il est commun d’entendre parler de « religions du Livre » ou de « filiation entre les trois grandes religions monothéistes », de préférence la mine grave et le ton péremptoire, et l’on a peu de chances d’être remis en cause, surtout si l’on dispose de peu de temps et si le public autour est autant prêt à débattre qu’à se battre.

 

D’abord il serait judicieux de demander de QUEL livre il s’agit. En effet, textuellement, juifs et chrétiens partagent les 5 premiers livres de la Bible, enfin de l’Ancien Testament. Ensuite, les avis divergent. Pour les Chrétiens, Jésus est le Messie annoncé par les prophètes de l’Ancien Testament et pour les juifs, ce Messie n’est pas encore arrivé, voilà tout (il y a on pourrait dire une semi-divergence de fond ; le principe du Messie est le même, seulement il a été reconnu en Jésus, et Juifs et Chrétiens s’accordent sur le fait qu’il a été crucifié). Or, autant le Judaïsme renie à Jésus le statut de Messie, autant le Christianisme revendique la filiation directe, tant physiquement (Jésus était circoncis et juif, et par sa filiation descendant du roi David) que spirituellement (n’oublions pas que Jésus ne remet à aucun moment en cause la loi Mosaïque, « qu’il ne vient pas abolir mais accomplir » en y ajoutant un commandement nouveau « tu aimeras ton prochain comme toi-même »), mais aussi symboliquement (le dernier repas de Jésus est le repas de Pessah, ou de la Pâque juive ; s’il n’en avait que faire du Judaïsme, il aurait pris son dernier repas n’importe quand… !) . Pour les Chrétiens il y a donc prolongement direct sans remise en cause fondamentale des commandements de la loi Mosaïque, pierre angulaire de la Torah, et ce n’est pas par hasard que l’on parle de civilisation Judéo-Chrétienne. Ensuite l’avenir dira qui a tort ou raison. Si Jésus était un faux messie, eh bien que les Chrétiens attendent le véritable en espérant qu’Il leur pardonne leur méprise et si c’était bien Lui, les Juifs ont encore le temps de se convertir, au pire lors du Jugement Dernier.

 

Quant à la Bible et le Coran, là aussi il faudrait préciser ce que l’on entend par « Bible » (et savoir si les Musulmans reconnaissent aux Juifs la notion de « peuple élu » et dans Israël leur « Terre Promise »… Ce serait TRES intéressant de connaître le point de vue d’imams, de muftis ou d’ayatollah sur ce point central de l’Ancien Testament, à savoir l’Alliance de Dieu avec le peuple Hébreux dont les Israéliens sont les descendants directs physiques et spirituels, et la notion de Terre Promise). De même pour les similitudes patronymiques de forme (reprise à son compte et orientalisation de certains noms  : Moïse devient Moussa, Jésus devient Issa et Gabriel devient Djibril,… ). Il ne suffit pas de citer quelques noms pour obtenir une filiation directe et recevoir une sorte de « légitimité théologique » vis-à-vis du monde chrétien. Si on s’attache au fond (et nous nous y pencherons par la suite), on se rend compte avec stupéfaction que non seulement le principe théologique est bafoué (on n’attend pas de Messie puisque Mahomet est LE dernier des prophètes, Jésus n’EST PAS l’incarnation de Dieu et n’a pas été crucifié, etc…) mais aussi les enseignements de Jésus (Jésus sauve la femme adultère là où Allah dit via Mahomet de la lapider, Jésus demande « d’aimer ses ennemis » là où Allah commande de « combattre ceux qui vous combattent » afin de « les chasser d’où ils vous ont chassés « ; à aucun moment Jésus ne dit d’employer la force physique contre quiconque (c’est le Père céleste qui jugera), fait une différence entre le spirituel et le temporel par la parabole de l’impôt du au César ou en disant que « mon royaume n’est pas de ce monde » là où le Coran regorge d’occurrences et de commandements physiquement violents et à mettre en pratique ici-bas, où spirituel et temporel sont intimement mélangés. Jésus n’appelle pas à la discrimination sociale en fonction de la religion comme le fait à longueur de sourates le Coran en classifiant l’humanité en trois catégories (Musulmans, Chrétiens et Juifs, Athées et Polythéistes), mais au contraire prend à dessein l’exemple du Bon Samaritain qui vient à aide à un homme qu’il ne connaît pas.

 

Après avoir vu le caractère infondé visant à dire que les rapports entre christianisme et islam sont de même ordre ou de même nature qu’entre judaïsme et christianisme, et pour éviter toute ambiguïté néfaste à la compréhension du sujet, pour la suite de l’étude, nous comparerons Coran (spécificité propre à l’islam et qui en fait l’essence) et Nouveau Testament (spécificité propre au christianisme et qui en fait l’essence).


UN RETOUR EN ARRIERE

Autant la Bible ne fait que suivre une évolution positive qui part du fratricide de Caïn sur Abel pour aller à « aimez vos ennemis », autant le Coran imprime un brusque retour en arrière, et ce dans tous les domaines.

Tout au long de la Bible et c’est cela qui peut faire croire que « ce n’est pas le même Dieu » pour Juifs et Chrétiens on suit une évolution. En fait il s’agit bien du même Dieu mais comme l’Homme a toujours sa liberté de choix, Dieu a estimé qu’aux premiers temps l’Homme, ou du moins un nombre suffisant d’hommes, n’était pas prêt à recevoir son message. Il y est donc allé progressivement. Dans un premier temps il a puni le fratricide, puis a donné les dix commandements, qui étaient déjà une révolution pour l’époque car ils limitaient la vengeance sans fin, et assuraient un certain ordre social. Par la suite, dans le Nouveau Testament donc, le message s’est progressivement affiné et la réputation de Jésus s’est affirmée pour aller jusqu’au sommet qui est, selon les paroles du Christ lui-même (du moins c’est ce que les Chrétiens croient) donc les paroles de Dieu, qui est « aimez vos ennemis » et « si on te frappe sur la joue gauche tends la joue droite », et cela en accomplissant le tour de force qui est de ne pas abolir la loi Mosaïque mais la sublimer en écartant en douceur ses aspects violents.

De façon symbolique également, l’alliance n’est plus simplement physique (la circoncision) mais spirituelle (la reconnaissance que Jésus est le Seigneur) ; on note là aussi un très grand progrès intellectuel. De même on arrive à dépasser les interdits de forme « ne pas manger ceci ou cela, faire ceci avant de faire cela,… » et les obligations rituelles.

Autant le Coran réduit à néant cette prodigieuse évolution des mentalités pour retomber encore plus bas que les traditions hébraïques initiales, effaçant 2600 ans de progrès humain.

 

NB : un tour de passe-passe des imams consiste à dire « il n’y a pas de contradiction entre le Nouveau Testament et le Coran puisque nous pensons que Jésus est un prophète et qu’il faut lui obéir, donc nous croyons en un même Dieu »(!). Ca dépend de ce qu’on fait dire à Jésus bien entendu…

 

Vis-à-vis  du Dieu adoré et de la religion, des autres religions

Le Nouveau Testament ne force personne physiquement à croire car le Dieu des Chrétiens laisse à l’Homme sa liberté de le recevoir ou non. Ainsi il n’existe aucune prescription physique à exercer sur quiconque pour le forcer à croire ou sur qui ne croit plus. Tout ce qu’on risque c’est le Jugement Dernier et d’aller en enfer. Mais ce genre de choses n’engageant que ceux qui y croient, les athées n’ont rien à craindre d’un chrétien intégriste (= qui met en pratique à la lettre les enseignements de Jésus).

De la même manière, il n’est pas demandé de se comporter différemment avec untel ou untel en fonction de sa religion (juif, athée, polythéiste,…) ; à aucun moment Jésus n’emploi un vocabulaire discriminant. Enfin, il laisse libre choix à chacun de le recevoir ou non et il ne recommande aucun comportement prosélyte violent ou discriminatoire; la seule chose qu’il recommande à ses disciples qui ne seraient pas bien accueilli au nom de Jésus dans telle ou telle ville est de secouer la poussière de leurs sandales. On a vu pire comme comportement violent.

 

Par contre, dans le Coran, les prescriptions violentes ne manquent pas et il est textuellement écrit que l’apostat (celui qui renie la foi musulmane) est passible de mort. Pour ce qui est de la société, elle est divisée en trois catégories : les musulmans, qui ont plénitude des droits civiques, les juifs et les chrétiens, qui sous réserve de s’acquitter de la djaziiya ou impôt de capitation (sinon c’est la mort) ont le droit de vivre sous le statut de dhimmi qui est celui d’un citoyen de seconde zone (ne pas construire de nouveaux lieux de culte, ne pas pouvoir faire de procès à un musulman, ne pas exercer de culte en public, ne pas porter de signes d’appartenance religieuse, ne pas faire de prosélytisme, céder le passage à un musulman, …). Et enfin, les athées et les polythéistes purs (hors chrétiens) qui, comme les homosexuels, sont voués à la mort.

 

Pour le christianisme, la relation avec Dieu, même si elle n’est pas d’égal à égal est une relation de confiance, de respect, d’amour et de pardon. La confiance dans le Seigneur ,le grand amour qu’il a porté aux hommes en laissant mourir son fils unique, mais aussi le Pardon qu’Il accorde à qui se repend de ses actes, et ce même au seuil de la mort. En retour, le Seigneur fait confiance en l’homme et lui laisse sa liberté tout en lui montrant les écueils à éviter. Le Seigneur ne demande pas de « preuves » ni de comportements à avoir ou ne pas avoir, le christianisme n’est pas une religion d’interdits, même s’il sait intégrer les dix commandements.

Par contre, on sent dans le Coran des relents de l’attitude qu’avait le Seigneur dans l’Ancien Testament, ce Dieu jaloux et autoritaire. Les hadiths traduisant les choses à faire ou ne pas faire sont particulièrement nombreux et détaillent la vie quotidienne , ce qu’il ne faut pas manger, ce qu’il ne faut pas faire ni dire, etc… Non seulement le Dieu des musulmans demande la circoncision (autre retour en arrière), mais revient sur les interdits alimentaires et vestimentaires etc…. D’autre part, il n’y a plus cette relation de confiance avec l’Homme qui se voit obligé de croire et qui est passible de mort physique s’il ne croit plus (par la main de ses ex-coreligionnaires). Il n’a plus le droit de boire de l’alcool (car s’il se rend saoûl il risque de faire n’importe quoi et il n’est plus apte à faire la guerre), les femmes doivent être voilées (ce n’est pas pour leur éviter les coups de soleil mais le regard des hommes et leur convoitise, c’est-à-dire en résumé éviter qu’elles se fassent violer…Ce qui justifie d’ailleurs le viol des filles ne respectant pas cet hadith… Style « elle l’ont bien cherché » ; bel exemple de confiance).

  

Vis-à-vis des femmes

Jésus sauve la femme adultère (et encore une fois sans remettre en cause la lettre de la loi mais en disant simplement que « celui qui n’a jamais péché lui jette la première pierre ») alors que dans le Coran, il est physiquement demandé de lapider la femme adultère, et l’homme avec, mais en l’enterrant jusqu’aux hanches et la femme jusqu’au cou.


Autant les rapports entre christianisme et judaïsme sont francs et clairs « nous ne sommes pas d’accord avec vous et voilà ce que nous pensons » et la filiation est évidente et assumée (par Jésus lui-même, on ne peut pas faire mieux), autant l’Islam est un melting-pot de traditions hébraïques (on se déchausse à la mosquée comme Abraham s’était déchaussa au buisson ardent, on se circoncit, …), bédouines (le rite de la kabbâ,  , chrétiennes,

 

Il y a en fait une tendance lourde du Coran à la récupération des traditions déjà existantes tant pratiques que théologiques, d'une part pour se doner un paravent de légitimité et d'autre part pour pouvoir s'implanter sans trop choquer dans les terres récemment conquises par le fer. Et cela n'est pas étonnant car historiquement, il fallait  s'imposer dans une région déjà marquée par des traditions et des peuples aux références fortes. En cela le Coran est un magnifique exemple de réalisme. Par exemple, la notion de dhimmi est un moyen pour l'islam de régner sans heurts sociaux ni grands massacres dans une région de tradition juive ou chrétienne et sur le long terme arriver progressivement à inverser les rapports de force, tant par la conversion, la limitation forte de l'influence des autres religions et leur étouffement progressif, mais aussi par la vitalité démographique. C'est exactement ce qui est arrivé dans l'Espagne d'El-Andalous mais aussi dans certaines régions des Balkans, comme en Albanie (pour le Kosovo le même processus a été artificiellement accéléré par la deuxième guerre mondiale et par l'attaque de l'OTAN de 1999).

Pour être tout à fait honnête, il est vrai que des dirigeants chrétiens ont utilisé des moyens violents de conversion et d'expulsion vis-à-vis de terres fraîchement reconquises sur l'Islam (Espagne, Balkans,...) afin notamment de conjurer un retour offensif et la présence d'une cinquième colonne, mais encore une fois, sans aucun fondement biblique, alors que les agissements des dirigeants musulmans n'étaient que la mise en pratique des enseignements coraniques.

 

EN PRATIQUE

Maintenant que nous avons bien rappelé les fondamentaux, nous pouvons sans crainte nous aventurer sur le terrain de l’Histoire et des comportements humains.

« Le christianisme a été sanguinaire en s’éloignant de ses textes, l’Islam l’est en se rapprochant des siens »


Une énorme différence entre le monde chrétien et le monde musulman a pu se constater par tous très récemment.

Le célèbre « Da Vinci Code », en émettant la thèse d’une non-crucifixion de Jésus, remet en cause le pilier fondamental de la foi chrétienne. En effet si Jésus ne meurt pas sur la croix pour nos péchés, nous ne sommes pas pardonnés et nous ne pouvons pas accéder au Ciel par la Foi en Jésus. C’est donc la disparition pure et simple du Christianisme. Or à quoi avons-nous assisté ? A une mise à prix de la tête de l’auteur ? A des incendies de cinémas de par le monde ? A des appels au boycott ou au meurtre ?? Rien de tout cela ; la réaction fut purement verbale et il a été demandé à tous les curés, pasteurs ou popes de réaffirmer la foi chrétienne lors de leurs homélies ou sermons. Et il s’agissait d’une remise en cause de fond pour un énorme public.

PAR CONTRE, lorsqu’un journaliste danois, profession symbole de la liberté de pensée dans un pays symbole de paix et de tolérance et ayant un des indicateurs de développement humain les plus élevés au monde, emploie lors d’un concours pour illustrer un ouvrage sur Mahomet parmi d’autres dessins concurrents dont certains présentant plutôt Mahomet sous un jour débonnaire, la caricature pour souligner les rapports étroits entre Coran et violence (notons que ce journaliste n’a pas remis en cause le FOND du message, la réalité ou pas de la transe, la réalité de l’apparition et/ou de la révélation, la crédibilité du chef de guerre bédouin qu’était Mahomet), la réaction de l’ensemble du monde musulman, de Djakarta à Paris est d’une violence extrême : meurtres de chrétiens en Turquie, ambassades incendiées, appels au meurtre de la part de foules déchaînées, écriteaux menaçants dans les rues de Londres, procès contre les journaux ayant publié les caricatures par le recteur de la Mosquée de Paris (qui est étonnamment qualifié de « modéré » - en raison de son non-soutien à Ben Laden ? – et qui a perdu là une formidable occasion de montrer à la France et aux Français la maturité de l’Islam en France, « ou de France » (?) ).

- - -> « La preuve par l’exemple » ?

 

Or, quel journaliste, quel homme politique, a eu la lucidité de souligner cela ? Au contraire, à propos de la perche tendue par Benoït XVI à l’Islam sur la nécessité de réfléchir sur les rapports entre Foi et Raison, nombre de journalistes, au lieu de contribuer à aider l’Islam à sortir de l’ornière ont totalement brouillé le message (France 2 en titre au 20h00 : « Benoît XVI, erreur ou provocation ? », France Inter idem, etc…) et ont ainsi contribuer à bâillonner ceux qui pouvaient faire avancer l’Humanité sur la voie d’une meilleure compréhension mutuelle.


Alors bien évidemment, on ne peut pas faire l’impasse sur les Croisades, argument-massue qui revient régulièrement dans les discussions populaires, mais que l’on aurait tort de sous-estimer car au final ce sont elles qui font l’opinion publique. On reproche donc les Croisades au Christianisme. Premièrement il convient de rappeler que justement « Le christianisme a été sanguinaire en s’éloignant de ses textes, l’Islam l’est en se rapprochant des siens ».

Par contre, il faut bien évidemment replacer les Croisades dans leur contexte d’alors qui est une formidable pression militaire de l’Islam. Il faut rappeler qu’en 1095 lorsque la première croisade est prêchée, la péninsule ibérique est envahie depuis plus de 350 ans et que les musulmans ont même poussé jusqu’à Poitiers, non pas dans une optique de razzia mais de véritable conquête. A l’Est, Constantinople a été assiégée une première fois en 673 par les musulmans et depuis la terrible défaite de Manzikret en 1071, l’empire chrétien d’Orient est sous la pression constante des turcs Seljoukides. En 1095 cela fait plus de deux siècles et demi que la Mediterranée est un champ de bataille permanent entre chrétiens et musulmans, que les musulmans effectuent des razzias sur les côtes françaises et italiennes, et on même poussé jusqu’à assiéger Rome en 840… Sans oublier que Al Hakim a décidé la destruction du Saint-Sépulcre, le tombeau de Jésus, en 1009. Enfin en 1076 lorsque les Turcs prennent Jérusalem aux Fatimides (qui pratiquaient eux une sorte de tolérance envers les pèlerins chrétiens) et persécutent, rançonnent et souvent tuent les pèlerins chrétiens, c’en est trop. Il faut donc comprendre la croisade dans un contexte militaire où il en va de la survie même de l’Occident. D’autre part nous sommes dans un monde où la religion faisait un tout avec le monde tant extérieur qu’intérieur ; dans ce cas comment empêcher cette foule d’aller venger la destruction du tombeau du Christ et les attaques répétées et incessantes contre les pèlerins ? D’autant plus que ceux qui avaient véritablement lu la Bible était extrêmement minoritaires (peu savaient lire et rares étaient les exemplaires disponibles, quand la traduction était bonne !).

 

On peut ensuite demander la condamnation de la conquête pour cinq siècles des Balkans par l’empire Ottoman qui terrorisa et rançonna ses habitants.  A titre d’exemple, les mises en esclavage de Slaves (près de 3 millions) avaient tellement fait chuter les cours de l’esclave sur les marchés du Caire et de Bagdad au début du XVIème siècle qu’en 1529 après l’échec du premier siège de Vienne, 30.000 chrétiens furent tués sur place car le prix de l’acheminement ne valait même pas leur prix de vente…

 

Une fois l’orage passé, il s’agit toute de même de rappeler les avancées intellectuelles et humaines rendues possibles grâce au christianisme comme par exemple la démocratie dans son acception moderne. On ne peut pas dire que le christianisme a créé la démocratie, mais il a donné le terreau intellectuel de masse fertile pour être ensemencé par les idées des Lumières

En effet, si lé démocratie athénienne a été le premier à mettre en pratique le concept, il était limité à une certaine catégorie de citoyens. Or la révolution intellectuelle du christianisme a été que « un homme = un homme », voire la parabole de Lazare et de l’homme riche inverse les rapports sociaux et « les premiers seront les derniers ». Pour le christianisme, « 1 homme = 1 homme », en  tant que créature de Dieu. Or, la base de la démocratie est justement que « 1 homme = 1 homme ». Il a fallu bien sûr que tout cela soit éclairé par les Lumières, mais cela ne doit pas être considéré comme un hasard si la démocratie moderne est née en Europe, d’une civilisation chrétiennes aux racines gréco-romaine, ensemencée par les Lumières.


Malheureusement, force est de constater, qu’à l’exception de la Turquie laïcisée de force contre son peuple et dont la « laïcité » apparente ne tient que grâce au pouvoir et à l’influence exorbitante de l’Armée, la démocratie moderne (élections démocratiques, Etat de Droit , respect des Droits de l’Homme et égalité homme-femme) n’a fait souche dans aucun pays de droit islamique.

 

On peut également faire allusion à la manière dont se sont diffusées dans leurs premiers siècles d’existence le christianisme et l’islam…. On peut ainsi rappeler que le christianisme des premiers siècles s’est répandu à coup de martyr, de décapités, de dévorés par les lions, d’intellectuels, … Alors que l’islam s’est répandu (mais a-t-il bien cessé de le faire ? ) à coup de cimeterre, de menaces, d’intimidations, etc…


POUR FINIR

Et c’est bien là tout le tragique de l’Islam, comme le souligne Abdelwahhad Meddeb dans « la malédiction de l’Islam », le fait que l’Islam soit prisonnier du Coran et de sa violence depuis le tout début.

Dans le christianisme, tout au long des siècles, en réaction aux abus de l’Eglise, tant dans son financement que dans l’emploi de ses moyens, dans les comportements de prêtres, dans le soutien à des entreprises guerrières, etc… Il y a toujours la possibilité qu’un fidèle se lève, Bible ou évangiles à la main, pour mettre un holà à ces dérives. Et il aura un support on ne peut plus solide dans « aimez vous les uns les autres comme je vous ai aimés » (c’est-à-dire en allant jusqu’à donner votre vie pour les autres comme je l’ai fait pour vous, ; on ne peut même pas dire « plus fort que ça tu meurs », puisque c’est le cas !. Les commandements d’Amour du Jésus-Christ des Chrétiens sont tellement forts qu’ils ne peuvent pas être mis en pratique dans nos sociétés humaines).

Par contre, comment voulez-vous qu’un Musulman éclairé mette fin aux atrocités commises au nom d’Allah en brandissant un Coran où justement il est écrit la lapidation de la femme adultère, la légalité du meurtre s’il est effectué dans le cadre d’une guerre sainte (là aussi je fais une différence entre ce qui a été FAIT et ce qui est ECRIT. Le « tuez les tous Dieu reconnaîtra les siens » ne peut en aucun cas se raccrocher à une parole de Jésus-Christ, au contraire « si on te frappe sur la joue droite, tends la joue gauche », alors que Allah a fait écrire à Mahomet « combattez ceux qui vous combattent »), la promesse de vingt vierges pour ceux qui meurent sur le sentier d’Allah, etc…..

 

LE SALUT de l’Islam ira dans un grand aggiornamento de ses textes , mais qui doit venir de l’intérieur et qui va se heurter à trois obstacles de taille : pouvoir réunir un collège d’imams éclairés et ayant une autorité morale suffisante sur le monde islamique, avoir le courage intellectuel d’effacer les sourates les plus violentes, guerrières et sanguinaires, arriver à le faire comprendre à tous ces musulmans du monde que d’autres imams ont déchaînés il y a peu contre l’Occident.

La tâche est rude, mais c’est justement en ne lissant pas les angles, en ne faisant pas preuve de lâcheté intellectuelle et en n’hésitant pas à dénoncer les intégristes et les oppresseurs, que nous rendrons les meilleurs services à ces musulmans modernes et éclairés qui émergent çà et là mais qui n’ont pas encore la masse critique en volume et en influence pour orienter le cours des choses pour une humanité réconciliée. En effet « demain est davantage à inventer qu’à découvrir ».

  

Sources : la Bible, le Coran, « pourquoi je ne suis pas musulman » Ibn Warraq, « la maladie de l’Islam » Abdelwahad Meddeb, « La force de la Raison » Oriana Fallaci, l’observation, la liberté de conscience, de réflexion, de culte et d’expression, bref l’héritage gréco-romain.

 


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