De Yvan Rioufol : la France à la croisée des chemins
Rien à dire, sauf le "patrimoine de 380.000 € en moyenne... En a-t-il déduit les moyennes des sommes empruntées ? Quel a été le calcul qui a donné cette moyenne ?" Sinon, parfait pour tout le reste.
Bloc-notes: la France à la croisée des chemins
La France bouillonnante résistera-t-elle aux encravatés qui attisent les braises? Quand Laurent Fabius (PS) annonce des "mouvements profonds et radicaux de révoltes" si "la politique du gouvernement ne change pas", il se fait le perroquet d'Olivier Besancenot (NPA). Mais la droite-comme-il-faut ne vaut pas mieux quand elle répète, avec Yazid Sabeg, commissaire à la Diversité, que les cités sont victimes de "discriminations" et que la nation est "sur la voie de l'apartheid". Un régime injuste et raciste, cela s'abat, non ?
Une addition de crises (économique, sociale, éducative, générationnelle, identitaire) rend le pays imprévisible. Cependant, les dérives violentes et xénophobes du conflit en Guadeloupe ont montré les désastres de la radicalisation, quand les luttes échappent aux endiguements syndicaux. Est-ce ce scénario de la rue rendue furieuse que ces élites pyromanes veulent soutenir ? Subjuguées par les idées de ceux qui les méprisent, elles ressemblent à ces aristocrates qui soutenaient 1789. Faut-il rappeler leur sort en 1793 ?
L'extrême gauche, qui mêle guévarisme et islam révolutionnaire, veut le chaos du monde libre. La suivre, comme le font ces socialistes hypnotisés, est la renforcer. Les destructions d'emplois, dramatiques pour ceux qui les vivent, ne remettent pas en cause un capitalisme plébiscité par un peuple petit-bourgeois : propriétaires de leur logement à 58 %, les Français investissent dans l'assurance-vie, les actions, les obligations. Fin 2007, chaque ménage possédait en moyenne un patrimoine de 380 000 euros. Pourquoi casseraient-ils le système qui les a enrichis ?
Présenter la France comme injuste, au prétexte que 14 000 contribuables bénéficient du bouclier fiscal qui préserve 50 % des revenus, démontre plutôt le contraire. Le déséquilibre est davantage dans le fait qu'un Français sur deux ne paye pas d'impôt direct. À ceux qui, de François Bayrou à Dominique de Villepin, reprennent le refrain sur "les cadeaux aux plus favorisés", Nicolas Sarkozy a coupé court, mardi : "Je n'ai pas été élu pour augmenter les impôts." Bien. Mais le président va-t-il tenir, après avoir reculé sur les lycées et la recherche ?
Car c'est un État faible qui a répondu aux premiers assauts. L'exécutif n'a guère hésité avant de prendre ses distances avec le patronat et le Medef. La gestion des insurrections antillaises a été un précédent dans lequel le Droit a laissé des plumes. Aujourd'hui, le président et son premier ministre assurent qu'ils ont tout donné, dès l'issue de la manifestation du 29 janvier. Les syndicats lanceront-ils les surenchères, au risque de se faire déborder ? La France est à la croisée des chemins.
-
21 Mars 2009 à 23:21 dans
- société française
